mercredi 14 mai 2014

CFP : Les femmes en milieu professionnel : une position subalterne par défaut ?


Les femmes en milieu professionnel : une position subalterne par défaut ?

Journée d'étude internationale de l'Université de Nantes (Faculté des Langues et Cultures Etrangères)  organisée par le CRINI EA1162.

18 octobre 2014

Université de Nantes, Faculté des Langues et Cultures Etrangères,
Rue de la Censive du Tertre, 44312 NANTES.

« Faire l'égalité professionnelle dans les entreprises est tout sauf simple. »
Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des Femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Site de l'Egalité Professionnelle, 30 novembre 2012.

“Women are less happy if they put career before family.”
James Tooley, Professor of Education Policy, University of Newcastle-upon-Tyne, The Miseducation of Women, 2002.

“There's a reason why most fund managers and nearly all hedge managers are men. It's very, very nerve-racking. Most women just don't want that sort of pressure.”
Nicola Horlick, City fund Manager and mother of five, The Guardian, April 2012.

« Elles ont du mal à demander une promotion, et font preuve du 'syndrome de la bonne élève'. » Corinne Hirsch, Administratrice du European Professional Women's Network et membre du Conseil d’Administration du Laboratoire de l’Egalité, France-Info, 15 décembre 2012.

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 Partout en Europe, les femmes gagnent moins que les hommes. Selon le bilan dressé par la Commission Européenne, le différentiel moyen hommes-femmes en termes de salaires « stagne » à 16,4%. Le European Professional Women's Network en arrive à la même conclusion dans le cadre de la journée de l'égalité des salaires, organisée symboliquement le 28 février cette année pour marquer les 59 jours de l'année pendant lesquels les femmes travaillent « pour rien » par rapport aux hommes.

Une étude de l'INSEE réalisée en octobre 2011 souligne que la première  source d'inégalité salariale est liée au fait que les femmes n'occupent pas les  mêmes types de postes que les hommes. De fait, en France comme dans le reste de l'Europe, elles  sont majoritairement présentes sur des emplois à temps partiel, peu  qualifiés et peu rémunérés : L'INSEE précise que « ce difficile accès aux  postes qualifiés ne reflète pourtant pas le niveau de formation des  femmes. Elles sont en effet plus diplômées que les hommes, mais semblent  valoriser plus difficilement leur diplôme. »

En dépit des progrès et des mesures égalitaires qui se multiplient, les femmes continuent à se faire rares dans les échelons supérieurs de la hiérarchie professionnelle. A ce jour, elles ne représentent que 15% des membres des conseils d'administration, 33% des entrepreneurs et 3% des PDG. On peut faire le même constat au niveau des plus hautes instances administratives ou juridiques où elles occupent un tiers des postes (Eurostat 2011). Enfin, rappelons que jusqu'à la nomination de Chrystalla Georghadji en avril, on ne comptait aucune femme parmi les dirigeants des banques centrales de la zone euro.

 En milieu professionnel, la femme semble donc appelée à remplir une position subalterne par défaut. Le plus souvent, en  entreprise, elle joue un rôle de support et de soutien plutôt qu'un rôle  décisionnaire, elle est exécutante plutôt que dirigeante. C'est le fameux « plafond de verre », si souvent mis en cause mais d'apparence immuable.

De même, au sein du couple, à qualifications et compétences égales, la carrière de la femme est  le plus souvent considérée comme accessoire par rapport à celle de l'homme. Elle se voit fréquemment obligée d'adapter son travail aux contraintes géographiques et  professionnelles de son conjoint, notamment en cas de mutation ou de  promotion de celui-ci.

Faut-il y voir une conséquence historique du rôle traditionnel de la  femme ? Ou doit-on mettre en cause, comme le fait Louis Maurin, directeur de l'Observatoire des inégalités, les médias qui, tout en dénonçant ces disparités, relaient des publicités qui véhiculent une image stéréotypée des femmes, « belles, serviables et douces, prêtes à servir les hommes et à s'occuper des enfants ? » Il conclut : « On ne peut espérer améliorer la situation des femmes sans poser la question des discriminations, de l'égalité des chances, en même temps que celle du système dans lequel ces chances s'exercent, et si l'on ne réduit pas les inégalités d'ensemble. » (« Inégalités hommes-femmes : les leurres du 8 mars », 28 février 2013, Observatoire des inégalités, http://www.inegalites.fr)

Ou peut-on considérer que le principal obstacle est culturel et que l'emploi des femmes reste, socialement,  l'objet d'une tolérance plutôt que d'un droit ? Les femmes seraient-elles, en quelque sorte, complices involontaires d'une perception normative qui les conduirait à mettre un frein à leurs aspirations professionnelles au profit de leur foyer et de leurs enfants ?

C'est sur ces questions que se penche notre journée d'étude internationale qui s'intéressera aux différents facteurs historiques, sociopolitiques et culturels depuis 1945 susceptibles d'éclairer la situation actuelle des femmes en milieu professionnel dans différents pays de l'Union Européenne.

Les propositions en anglais comporteront un résumé d'environ 300 mots, ainsi qu'une
brève notice biographique et seront à adresser pour
le 30 juin 2014 au plus tard à martine.stirling(at)univ-nantes.fr
Une sélection des communications sera publiée dans la revue e-crini: http://www.crini.univ-nantes.fr

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CALL FOR PAPERS

Women in a professional context: underlings by default?

One-day international workshop organised by the CRINI  EA1162 - University of Nantes (Department of Foreign Languages and Cultures)

October 18th 2014

Université de Nantes, Faculté des Langues et Cultures Etrangères,
Rue de la Censive du Tertre, 44312 NANTES.

Everywhere in Europe, women earn less than men. Research published by the European Commission reveals that the average pay differential remains at 16.4%. The European Professional Women's Network came to a similar conclusion as it organised its Equal Pay Day on  February 28th, as a symbolic reminder of the 59 days each year women work without pay compared to men.

A survey carried out in October 2011 by the INSEE, the French national statistics institute, points out that the main source of disparity in terms of salary is the fact that women do not hold the same types of posts as men. In fact, in France as in the rest of Europe, they are to be found mostly in part-time, low-qualified and low-paid jobs. The INSEE points out that this "difficult access to qualified jobs does not reflect their training and diplomas as they are, on the whole, better qualified than men, but apparently they find it more difficult to make the most of their qualifications."

Despite some progress and the increasing number of gender equality measures women are still few and far between on the highest rungs of the professional ladder. They only account for 15% of all board members, 33% of business people, 3% of managing directors. This is also true at the highest administrative or judicial level where they only total one-third of personnel members (Eurostat, 2011). And until the nomination of Chrystalla Georghadji in April, there was not a single woman at the head of a Eurozone Central Bank.

Professionally, it does seem as though women are underlings by default. Most often, at company level, they remain in a back-up or support role rather than a decision-making one, they are subordinates rather than leaders. This is the well-known glass ceiling, often challenged but seemingly unmovable.

In the same way, in couples where both partners have similar qualifications and experience, the woman's career is most often considered as a sideline to the man's. As a rule, she has to dovetail her professional activity into the geographical and professional constraints imposed by her partner's career, particularly in the event of a promotion or a move.

Is this a historical consequence of women's traditional role? Or as Louis Maurin, Head of the Observatoire des inégalités, the French watchdog body on gender inequality, asks, should we blame the media which denounce gender disparity while showing adverts which invariably  feature stereotypes of women who are "beautiful, helpful and gentle, happy to wait on men and look after the children"?. He concludes: "We cannot hope to improve the situation of women without looking into discrimination and equal chances within the general context and without reducing inequalities as a whole." (« Inégalités hommes-femmes : les  leurres du 8 mars », 28th February 2013, Observatoire des inégalités, http://www.inegalites.fr)

Or might one consider that the main impediment to a woman's career is in fact cultural and that socially, women's employment is tolerated rather than seen as a right? Could women be unwittingly party to this normative approach and curb their professional ambition in favour of their home and children?

These questions will be the focus of our international workshop which will look at the different factors, either historical, political, social or cultural, since 1945 which may help to explain the current professional situation of women in different European Union countries.

Please send a 300-word abstract in English together with a short biography to martine.stirling(at)univ-nantes.fr by 30th June 2014.
Selected papers will be published in our review e-crini 
http://www.crini.univ-nantes.fr

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